Ce que disent les données

13 juin 2026

Haïti : l'effondrement silencieux d'une institution militaire

Évolution du personnel des forces armées en Haïti

Le personnel des forces armées regroupe l'ensemble des militaires en service actif, incluant certaines forces paramilitaires susceptibles d'appuyer ou de remplacer l'armée régulière.

En 1989, le pays comptait environ 9 000 soldats actifs. Deux ans plus tard, le président Jean-Bertrand Aristide est renversé par un coup d'État militaire, sept mois à peine après son arrivée au pouvoir. À son retour d'exil en 1995, il démobilise officiellement les Forces Armées d'Haïti (FADH), institutions marquées par des décennies d'exactions et d'ingérence politique. Le vide sécuritaire est alors comblé par la Police Nationale et les forces internationales, notamment la MINUSTAH, mission de l'ONU présente pendant 13 ans.

En 2010, le séisme dévastateur frappe Haïti. Dans ce chaos, les derniers éléments résiduels des anciennes forces disparaissent des registres et l'indicateur tombe officiellement à zéro.

Puis en 2017, alors que les Casques bleus s'apprêtent à quitter le pays, Haïti amorce une reconstruction de son armée, 500 recrues, âgées de 18 à 25 ans, sélectionnées sur concours à Léogane. Une jeunesse désœuvrée, dans un pays frappé par le chômage endémique, qui voit là une chance de servir son pays.

En 2020, l'armée haïtienne compte 1 000 militaires. Un chiffre encore symbolique face aux défis sécuritaires actuels.

Source : The Military Balance — International Institute for Strategic Studies (2026), Banque mondiale. Données traitées et visualisées par Ayitistats.

22 mai 2026

Quelle place la religion occupe-t-elle dans la vie des Haïtiens ?

Importance de la religion dans la vie des Haïtiens (Integrated Values Surveys)

En Haïti, la religion occupe une place centrale dans la vie de la population. Selon les données de l'Integrated Values Surveys, trois Haïtiens sur quatre considèrent la religion comme très ou plutôt importante dans leur vie. Seuls 7 % déclarent qu'elle ne l'est pas du tout. Quant aux indécis et sans réponse, ils ne représentent qu'une part négligeable, soit 2 % des répondants.

Source : Integrated Values Surveys (2024), Our World in Data, avec un léger traitement visuel réalisé par AyitiStats.

17 mai 2026

Haïti : quand l'instabilité politique devient une crise sécuritaire

Évolution du taux d'homicides en Haïti et comparaison régionale

Pendant plus d'une décennie, Haïti affichait un taux d'homicides inférieur à celui de ses voisins de la région. En 2007, ce taux était de 5,2 pour 100 000 habitants, bien en dessous de la République dominicaine et loin derrière la Jamaïque.

Puis la trajectoire de la courbe s'est graduellement inversée. Tout commence en 2018, avec de violentes émeutes après l'annonce de la hausse des prix des carburants, suivies d'une série de manifestations politiques meurtrières et d'épisodes de peyi lòk qui ont paralysé tout le pays.

En parallèle, les groupes armés ont gagné en puissance et en organisation, au point de se fédérer afin d'étendre leur contrôle sur l'ensemble du territoire national. L'assassinat du président de la République en 2021 a précipité l'effondrement des institutions, ouvrant la voie à une insécurité généralisée dont la population civile paie le prix au quotidien.

En 2023, le taux d'homicides atteint 41,2 pour 100 000 habitants, le niveau le plus élevé jamais enregistré dans le pays, soit une multiplication par quatre en moins de dix ans.

Source : Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC, 2025), Our World in Data, données traitées par Our World in Data, visualisation réalisée par AyitiStats.

1 mai 2026

Comment les Haïtiens gagnent-ils leur vie ?

Répartition de la population active haïtienne par statut d’emploi (données 2024, OIT)

Selon les données 2024 de l'Organisation Internationale du Travail, plus d'un Haïtien sur deux travaille à son propre compte, sans patron ni employés, souvent dans le commerce informel ou l'agriculture de subsistance.

Seulement 23 % occupent un emploi salarié formel. 24 % contribuent dans une entreprise ou une exploitation familiale, sans rémunération fixe. Quant aux véritables créateurs d'emplois, ils ne représentent qu'à peine 1 % de la population active.

Source : Organisation Internationale du Travail (2026), Our World in Data, avec un léger traitement visuel réalisé par AyitiStats.